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Ca fait toujours drôle de se voir raconter sa vie dans un canard aussi populaire que La Voix Du Nord

18 Août 2017|

MERCI A CELINE DE LA VOIX DU NORD

Sergio, cette «voix» que vous avez forcément déjà entendue à la radio
C’est l’histoire d’un mec que rien ne prédestinait à pareil destin. Et pourtant, à force de volonté, Sergio De Felice a tracé son chemin sur les ondes, et ce au gré de rencontres qui ont jalonné son parcours. Et qui, aujourd’hui en font l’une des références de voix radiophoniques en France et même au-delà.

Par Céline Debette | Publié le 17/08/2017
Son parcours, Sergio le doit à la chance qu’il a toujours su saisir, à de belles rencontres mais surtout à énormément de volonté.
Son parcours, Sergio le doit à la chance qu’il a toujours su saisir, à de belles rencontres mais surtout à énormément de volonté.
Sergio est le petit dernier d’une fratrie de cinq enfants. Et, comme une de ses sœurs, il est né non-voyant. Sauf que, contrairement à elle, «  j’ai eu la chance de suivre une vraie scolarité notamment dans une école privée et spécialisée à Lille. » Où il apprend les matières de base et… le piano. «  J’étais dans un cursus musical sans l’avoir choisi. Mais ça me plaisait. » Un jour, sa mère consulte un kiné. Lui-même aveugle, il lui recommande d’envoyer Sergio à l’institut national des jeunes aveugles. À peine âgé de 10 ans, le voilà à Paris où il apprend à devenir autonome. «  On avait des cours de locomotion où on apprenait à se servir d’une canne, à écouter le bruit des voitures, prendre le métro…  »
« J’étais une vedette, c’était fou »
C’est dans ce dernier qu’il fera une rencontre décisive. «  Alors que j’étais avec une bande de copains, un type me tape sur l’épaule et me dit : «T’as une bonne voix, ça t’intéresse de faire de la radio ?»  » Une semaine après, il fait ses premiers balbutiements radiophoniques sur… NRJ, en pleine libéralisation des ondes. Il a seulement 12 ans. Et ça lui plaît. « J’ai dit à mes potes, «Un jour, je serai dans le poste».  » Et il s’en est donné les moyens. «  J’écoutais la radio tout le temps. Je connaissais les programmes, les animateurs… par cœur. » En 1984, il anime une émission en italien sur Radio Villard à Denain qui cartonne.
Le week-end ? Il est DJ dans les mariages, puis en discothèque, au Punch en Belgique. «  C’est là que j’ai commencé à vraiment gagner ma vie.  » Et là aussi qu’il fait une nouvelle rencontre qui l’amène à faire ses premières armes dans la pub en tant que voix off. Tout en enchaînant les contrats à la radio : Nostalgie Belgique, Chérie FM à Douai où il assure la matinale, Nostalgie Lille et… Fun Radio Belgique où «  je devais faire la liaison avec les émissions françaises  ». «  C’était une énorme machine avec techniciens, standardiste… et 1 million d’auditeurs par jour !  » Pendant 3 ans, il fait de la libre antenne de 16 h à 20 h sur les ondes belges et présente les soirées Dance Machine au Forest national. «  J’étais une vedette, c’était fou. Et là, très honnêtement, j’ai chopé le melon  », confesse-t-il.
En 1997, il change de vie. «  J’ouvre un studio à Douchy-les-Mines que j’ai déménagé à Oignies il y a quatre ans.  » C’est de là qu’il crée et enregistre ses spots de pub, parlés ou chantés, ses jingles… Et avec son carnet d’adresses très fourni, il ne manque pas de boulot. «  J’ai 180 à 200 clients fidèles.  » Et c’est sans parler de son émission sur Ramdam Music à Charleroi. «  Je fais de la radio à distance, mais le live me manque. À l’aube de la cinquantaine, je ne serais pas contre une matinale.  » Quant à son rêve ultime ? «  Animer une émission de débat, type talkshow, à la télé !  » À bon entendeur…
«Ce handicap, pour moi, est une chance»
«  Si je n’étais pas aveugle, je travaillerais à l’usine, assure Sergio De Felice. C’est mon handicap qui m’a mené à ce que je fais aujourd’hui.  » Car il a, en effet, beaucoup de facilités : «  J’écoute, j’entends, j’imite  ». Un don qui se transpose également en musique puisque «  j’ai l’oreille absolue  ». Une ultrasensibilité auditive qui a ses contreparties… «  Le moindre bruit de bouche, que ce soit dans les pubs ou les chansons, je les perçois.  »
Si, comme il aime à dire «  ce handicap, pour moi, c’est une chance  », il est loin d’être facile à vivre. Et parfois, même à faire accepter. Comme à ce directeur d’une antenne de radio qui avait profité de l’informatisation du matériel, dans les années 1990, pour l’évincer. Mais Sergio ne s’était pas laissé faire et, avec le soutien de Gilbert Montagné, qu’il compte parmi ses amis, il lui avait intenté un procès… qu’il a gagné. « Il faut tout le temps se battre. Et surtout, ne pas avoir peur, ni honte. Et puis, il faut être meilleur que les autres.  » Et avoir une sacrée volonté. Ce dont Sergio ne manque pas.
Il faut dire qu’il a l’avantage d’être autonome. Dès son plus jeune âge, il s’est toujours débrouillé avec les transports en commun pour se déplacer. N’a jamais voulu de chien, «  je n’aime pas trop les animaux  ». Et a toujours su s’adapter, même pour le boulot. «  Mon clavier d’ordinateur est doté d’une plage braille et j’ai une synthèse vocale (parole artificielle qui lit ce qui apparaît à l’écran d’ordinateur).  »